devoirs de vacances

Le cahier de vacances : un atout pour la rentrée ?


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Chatoyant et sentant bon l’encre fraîche, le cahier de vacances fleurit les têtes de gondole des supermarchés dès la fin du mois de mai et fait partie, si l’on en croit les chiffres, des best-sellers de l’été. Alors, faut-il faire, comme beaucoup de parents, l’offrir à nos chères têtes blondes bientôt couvertes de crème solaire ?

Que contient-il vraiment et pour quelle efficacité ? Le cahier de vacances est-il un outil d’aide aux enfants en difficulté ou un passe-temps (fa)studieux pour les autres ?

Un marché florissant et parfois juteux

Hachette et son indétrônable Passeport, Play Bac et ses Incollables, Nathan, Hatier, Bordas, Larousse… qui n’a pas édité un cahier de vacances tout beau tout chaud ?

Savez-vous qu’il existe aussi de nombreuses versions imprimables et gratuites en ligne ? Même l’Education nationale a un temps créé une version imprimable, toujours en ligne à ce jour, Le Cahier Europe, pour les 13-15 ans.

Un contenu attractif, ludique… mais souvent lacunaire

Les éditeurs, comme les pédagogues, l’ont compris : pour être attractif, il faut être ludique.

Si les cahiers de vacances sont créés à partir des programmes, on peut parfois se demander depuis quelle réforme les mises à jour n’ont pas été faites.

Il y a plein de choses qu’on n’a pas vues dans l’année et d’autres qu’on a fait il y a longtemps ou qui sont super faciles.

Clémence, 11 ans.

Quelques bases sont revues, c’est vrai, mais de façon trop ponctuelle pour en faire un outil de compréhension. Pour dire les choses telles qu’elles sont, il ne faut pas compter sur eux pour faire acquérir une notion complexe qui n’aurait pas été acquise avec le professeur l’année précédente.

Impossible par exemple, de comprendre la méthode de la division ou les règles d’accord Sujet-Verbe avec un seul cahier comme outil. D’autant plus que l’ordre des notions est souvent aléatoire et la progression uniquement thématique et non spiralée… on peut, la plupart du temps, commencer par la fin si on le souhaite.

Une efficacité en demi-teinte

Le cahier de vacances va permettre de garder le contact avec un certain rythme d’apprentissage mais il faudra être vigilent au calendrier ! Les enfants adorent leur cahier… le premier et le deuxième jours !

Je veux trop en avoir un. Au début, je fais plusieurs pages mais après ça m’énerve ! Et maman s’énerve quand je le finis pas.

Antoine, 9 ans.

Et oui, Antoine, le cahier n’aura son efficacité que si tu vas au bout de cet effort… il t’aura permis de garder un certain rythme de travail scolaire, l’entretien des bases et des habitudes de concentration nécessaires à une bonne rentrée.

Le cahier de vacances peut être un des outils de révision mais l’accompagnement d’un enfant en difficulté nécessitera toujours l’aide d’un adulte, expérimenté ou non. Même si les vacances doivent être le moment pour souffler, il ne faut pas hésiter à faire appel à des professionnels pour revoir ce qui sera essentiel à votre enfant pour sa future année. Pour démarrer du bon pied, il faut avoir des bases solides.

Notre bilan

Les grands gagnants du cahier de vacances sont les « bons » élèves : leur réussite y est assurée et récompensée. Pour un élève en difficulté, le cahier de vacances ne résoudra malheureusement rien et deviendra vite une corvée scolaire et inutile.

Nous vous invitons à consulter notre article « Mon enfant a-t-il besoin de cours particuliers ? ».

auteur berenice

En savoir plus sur l'auteur

Bérénice est professeur de français au collège et lycée et mère de 2 enfants